vendredi 17 novembre 2017

Charybde et Scylla

Je tenais entre les mains une carte étrange
robe de parchemin écrite en plumes d'ange
et le jour et la nuit j'en suivais le dessin
mais n'ayant à la barre pas de blanc fanal
pour lire après le soir les traits sous les étoiles
je devais de mes doigts tâter l'encre aux traits fins.

Au feu du soleil blanc la route semble claire,
tant que je peux barrer d'une main ferme et fière
en suivant du regard le tracé sinueux
Mais quand l'obscurité submerge tout autour
la carte disparaît surfaces et contours
et le toucher remplace l'évidence des yeux

Ainsi pendant les heures de lumière pleine
je barre et mets le cap où le regard me mène
et gouverne la nuit où me dicte la peau

Errance fatale : on ne peut suivre deux routes.
Passion contre raison, savoir contre les doutes,
Le trésor demeure enfoui de le chercher trop.

jeudi 16 novembre 2017

Naufrage

le coffre d'or m'avait-on dit
était sur l'eau était sur l'île
j'ai navigué dans mon bateau
qui était sur l'île qui était sur l'eau

les vagues glissaient sous la quille
était sur l'eau était sur l'île
le vent sifflait sur les barreaux
qui était sur l'île qui était sur l'eau


la mer est devenue tranquille
était sur l'eau était sur l'île
je n'avançais plus sur les flots
qui était sur l'île qui était sur l'eau

pour alléger mon p'tit navire
était sur l'eau était sur l'île
j'ai jeté tous mes gros ballots
qui était sur l'île qui était sur l'eau

le mât j'en ai fait des godilles
était sur l'eau était sur l'île
pour contrer les courants rivaux
qui était sur l'île qui était sur l'eau

pour vaincre le froid de la nuit
était sur l'eau était sur l'île
j'ai brulé voiles et drapeaux
qui était sur l'île qui était sur l'eau

en atteignant enfin la rive
était sur l'eau était sur l'île
je n'avais qu'un bout de radeau
qui était sur l'île qui était sur l'eau

j'ai marché sur un' terre hostile
était sur l'eau était sur l'île
jusqu'au trésor pieds en lambeaux
qui était sur l'île qui était sur l'eau

j'ai vu les pierres et l'or qui brille
était sur l'eau était sur l'île
un homme armé sous son chapeau
qui était sur l'île qui était sur l'eau

Je ne peux plus partir d'ici
était sur l'eau était sur l'île
mes mains se ferment sur des mots
qui était sur l'île qui était sur l'eau

mardi 14 novembre 2017

Palombe

j'ai une volière
où s'amusent et volent des millions d'oiseaux.
il y en a de toutes sortes
et la plupart se croisent sans se connaître
sans se regarder.
Parfois il y en a un qui meurt. Alors parmi les millions qui restent il y en a cent qui viennent le pleurer.
Certains soirs il y en a un qui chante plus rouge que les autres, alors parmi les millions qui restent il y en a mille qui battent des ailes pour le féliciter.
Il arrive qu'un pigeon voyageur fasse des acrobaties inouïes au petit matin. Alors parmi les millions d'autres oiseaux il peut s'en trouver dix-mille qui cherchent à l'imiter.
Dans ma volière il y a une palombe insaisissable, que des millions admirent, qui chante avec une pureté telle que des nuées de ramiers accourent de l'Est, dont l'élegance du vol attire des milliers de prétendants, et qui repousse les ténèbres et la peur de la mort avec une telle assurance que des nids de tourtereaux se pressent sous ses plumes.
Parmi ces milliers, ces nuées, ces centaines, de tous ces millions, il est un vieux hibou, qui surveille l'ensemble. L'oiseau qui le plus désire que la palombe soit belle, soit grande, soit libre. Jour et nuit
nuit et nuit
de ses grands yeux il veille
et pendant les vols de l'admirable balaie le sol de sa boîte,
et lui apporte non des souris mais des graines choisies, excellentes pour le teint, la voix, la vue.
De tous les millions d'oiseaux, le hibou est celui qui voudrait mourir pour la liberté de la palombe.
Un jour la palombe lui dit: je voudrais être libre, et tout m'y pousse. Seuls tes grands yeux de hibou m'empêchent de prendre l'envol.
Alors le hibou s'approche de moi, contre la grille de la volière, et me dit: fais-moi sortir, que je me vomisse moi-même et fais de mes plumes un tapis pour brigands.

samedi 11 novembre 2017

Cadeau

Elle m'a dit ferme les yeux
je les ai fermés
elle m'a dit j'ai un cadeau
j'ai ouvert les yeux
elle m'a dit ferme les yeux
je les ai refermés
elle a dit tends les mains
je les ai tendues
elle a dit devine ce que je t'offre
j'ai tâtonné l'air jusqu'à trouver ses deux mains
posées paume contre paume
comme si elles renfermaient quelquechose
Elle m'a dit devine
j'ai cherché
J'ai dit c'est une clé
elle a rit en disant non
J'ai dit c'est un bracelet
elle a souri en disant non
J'ai dit c'est une plume
elle a dit non
J'ai dit c'est une pépite d'or
elle a murmuré non
Elle a retiré ses mains
j'ai ouvert les yeux
les siens étaient humides
j'ai regardé ses mains
elle les a écartées
J'ai dit mais il n'y a rien!

Elle a montré ses mains vides
Elle est partie

...il y avait elle au bout de ses mains.

J'ai perdu le nord

"...
Au nord un arbre ombrageux
puis de cet arbre au tronc creux
Cent pas vers les 35 degrés."

J'y cours le cœur serré
J'y fonce les yeux baissés
Rien ne compte ni le ciel

Ni le bois gris au loin devant
Ni les pierres du chemin
Ni les branches tombés au sol

L'une d'entre elles jalouse
Entrave mes pieds et me jette
De tout mon poids sur la terre brune

Je ris et me relève gaillard
Mais ma boussole s'est fracassée
contre une pierre pourtant si lisse et ronde...

Il me reste près de cent pas à parcourir
et mes 35 degrés deviennent un océan
se désespoir et de temps et d'amertume

Là devant moi à quelques mètres
Se cache sous un arc d'horizon
Ma vie mon trésor mon cœur mon vœu

dimanche 5 novembre 2017

Stages de théâtre : Le sens de la vérité dans l'illusion théâtrale

J'aurai le plaisir d'animer, avec le CRABB à Biscarrosse, une série de cinq stages ouverts à tous, sur le thème de la vérité et l'illusion.
C'est stages sont des rencontres d'un weekend, du samedi 14 h au dimanche 18 h, qui se déroulent sous le signe de la confiance et la bonne humeur, et qui servent de laboratoire à chaque participant pour acquérir ou affirmer des techniques et des interrogations sur leur pratique du théâtre.

Pour les renseignements pratiques, il faut voir avec le CRABB à Biscarrosse, ou par commentaire sous l'article.

Le calendrier prévisionnel :
11-12 novembre : La vérité du comédien
2-3 décembre : La vérité du personnage
20-21 janvier : La vérité du texte
3-4 mars : La vérité du public
31 mars - 1er avril : La vérité de la mise en scène


Réorganisation

Allez, marre de Facebook et des autres réseaux.
Je reviens au bon vieux blog.
Qui veut des nouvelles, qu'il vienne faire un tour par ici.
Bienvenue !

En réorganisant l'info, je me rends compte qu'il faut également revoir les objectifs de l'action.
Ils n'ont pas beaucoup changé depuis quelques décennies : être homme.
Le moyen choisi : l'expression artistique, parole et jeu scénique.
Cela laisse de la marge !

Alors chaque fois qu'un élément nouveau apparaîtra, je laisserai une trace éphémère par ici.

Au programme des prochains mois pas mal de kilomètres et plusieurs événements. Mais je me propose de donner un sens commun à toutes les actions, comme s'il existait un fil conducteur à mon action professionnelle. Je compte bien l'affiner avec le temps, mais déjà il est tendu entre plusieurs pitons, comme un réseau de cordages qui forment un gréement unique.

Et pour commencer, en parallèle avec les actions de formation déjà en cours, une série de stages de théâtre à Biscarrosse...